Gérer les risques

M’aider à mieux gérer les risques …

Chaque ascension envisagée informe les alpinistes des ressources et des capacités qu’ils doivent posséder pour appréhender la faisabilité et le degré de réussite de leur escalade. Le site, les équipiers, le matériel, la météo sont les premiers éléments à prendre en compte pour “construire” une cordée et s’assurer que cette sortie sera réussie.

Pouvons-nous nous dispenser de prendre en compte les risques que ce type d’aventure peut amener ? Nos premiers débats de préparatifs ne les intègrent pas forcément, mais nous savons que certains milieux sont susceptibles de générer des risques et d’en amplifier les effets et c’est justement le cas du milieu montagnard. Il est donc important d’estimer au plus tôt quels sont les risques de cette ascension et comment nous pouvons les gérer.

Nous ne sommes pas seuls dans cette aventure et la première personne s’appelle “La montagne” et ses fluctuations naturelles. Même si nous y sommes habitués et restons attentifs, nous ne pouvons partir dans l’ignorance sans prendre conscience de notre position d’invité dans ce milieu.

Heureusement, la science nous informe des conditions de notre itinéraire et nos perceptions nous guident dans notre ascension. Nous regardons, observons, scrutons, sentons mais aussi  profitons… Et la moindre question doit nous interpeller et amener une réponse active. C’est pour cela que nos propres observations, nos connaissances et nos expériences sont cruciales dans les prises de décision quant au bien-fondé de la poursuite de cette aventure.

Gérer les risques c’est aussi se définir face à une situation. Sommes-nous en mesure de le faire ? Les risques peuvent peut-être venir simplement de nous-mêmes et du résultat d’un excès de confiance, d’ignorance ou d’une surestimation de ses aptitudes et de ses capacités.

Reprenons le début… Et gérons les risques par un regard de soi et par la cohérence de ce que l’on peut affronter et de ce que l’on est capable d’accomplir. Nombreuses situations d’ascensions se sont avérées risquées du simple fait que les protagonistes ont cru voir une découverte sans effort, sans investissement et sans apprentissage préalable.

Une ascension en montagne n’est pas sans risque…  Mais ils peuvent être réduits par la connaissance des éléments extérieurs, l’apprentissage de nouvelles compétences et l’adaptation du comportement. Tout cela pour vivre une belle aventure… En toute sécurité…

“Souvent une ascension est née d’un rêve, d’une exaltation, d’un désir spontané, parfois irraisonné.  Un joli nom, une forme, une histoire, un souvenir et nous voilà à l’ancre d’un sommet. Mais vient le temps où il doit devenir un calcul, le rapport précis entre le but et les moyens de l’alpiniste, de ce rapport découle la décision. L’alpiniste doit toujours se rappeler cette formule, déplaisante à énoncer dans sa sécheresse, mais capitale, car elle conditionne le départ. En cet instant, plus de charme dans ce monde enchanté, plus de poésie dans cet univers. D’un froid calcul dépendent la vie de l’alpiniste et celle de ses compagnons. Mais qu’il est beau ce dialogue intime entre l’homme et les forces de la nature.”  – “Gaston Rébuffat – La montagne est mon domaine – Edition Hoëbeke”

Voici un petit questionnaire pour m’aider à mieux gérer les risques :

Comment est-ce que je me comporte habituellement face au risque ?

Je suis plutôt :

  1. timoré
  2. prudent
  3. entreprenant
  4. courageux
  5. téméraire
  6. casse cou

Si réponse 1 ou 2 : Je peux booster un peu ma prise de risque. Mon aventure n’en sera que plus belle. Quelles sont les compétences que j’aimerais acquérir pour devenir entreprenant ?

Lorsque j’ai trouvé ces trois compétences, je peux faire l’exercice du Totem partie 1 et partie 2 pour acquérir ces compétences et devenir un peu plus entreprenant.

Si réponse 3 ou 4 :  Je semble assez équilibré dans ma prise de risque. Un petit check up peut tout de même être utile pour vérifier tout ça. Je peux faire la liste des situations où j’ai bien su gérer les risques pour m’encourager à continuer dans cette voie.

Si réponse 4 ou 5 : Attention… Qui veut voyager loin ménage sa monture ! L’attrait de l’adrénaline me pousse peut être à négliger d’assurer ma sécurité. Je suis potentiellement en danger. Je dois freiner un peu pour continuer à mieux profiter de l’expérience. Je peux écouter une musique ou faire un exercice d’autohypnose pour me permettre de faire une pause et de prendre du recul… Mon analyse de la situation à froid sera plus objective.

Philippe Delaporte

Par |2020-05-01T08:43:49+00:00avril 21st, 2020|Autohypnose coopérative, Coronavirus|